Trousse de premiers soins au travail : les règles CNESST

Le règlement ne dit presque rien du contenu — il renvoie à une norme qu’il faut acheter. En revanche il dit beaucoup sur le reste : combien de trousses, à quelle distance, quel affichage, et qui doit être nommé.

On cherche « contenu de la trousse obligatoire » en espérant une liste. Dans le régime du milieu de travail, cette liste n’existe pas dans le règlement — et c’est la première chose à comprendre. Le texte de la CNESST consacre une phrase au contenu et plusieurs articles à tout ce qui l’entoure : combien de trousses, à quelle distance, quel affichage, qui doit être nommé. L’inverse exact du régime des services de garde.

Le contenu n’est pas dans le règlement

L’article 4 se contente de dire que la fourniture et le contenu des trousses doivent être conformes à la norme Trousses de secourisme en milieu de travail, CSA Z1220. Cette norme est publiée par le Groupe CSA : ce n’est pas un texte gouvernemental, et il faut se la procurer auprès de l’organisme qui l’édite.

Un changement de 2026 mérite l’attention. Le règlement citait auparavant une édition précise de la norme ; il n’en cite plus. La CNESST a décrit elle-même la modification comme un renvoi évolutif aux normes pancanadiennes. Conséquence concrète : c’est l’édition en vigueur qui s’applique, et elle peut changer sans que le règlement soit modifié. Nommer ici un millésime rendrait cette page fausse le jour où la norme est révisée — vérifiez plutôt l’édition courante auprès du Groupe CSA avant d’acheter.

La norme distingue par ailleurs des types de trousses ; le règlement en nomme un directement, le type 1, pour certains véhicules. C’est un indice utile au moment de commander : « une trousse conforme » n’est pas une commande suffisamment précise.

Combien, et à quelle distance

C’est ici que le règlement devient précis.

En établissement, l’employeur doit fournir un nombre adéquat de trousses, faciles d’accès, le plus près possible des lieux de travail et disponibles en tout temps. Le nombre n’est pas chiffré : c’est la proximité qui commande, et c’est à vous d’être capable d’expliquer votre disposition.

Sur un chantier de construction, le règlement chiffre — et c’est le seul endroit où il le fait. Un chantier est muni d’un nombre adéquat de trousses lorsque le temps requis pour y accéder est d’environ 5 minutes pour tous les travailleurs. Une trousse au baraquement de chantier, pour une équipe à l’autre bout du site, ne satisfait pas ce critère.

Les véhicules ont leur propre règle

Un angle mort fréquent. Lorsqu’un véhicule sert au transport ou à l’usage des travailleurs et circule là où aucune trousse n’est accessible selon les critères ci-dessus, il doit en être muni.

Le contenu exigé dépend alors de deux conditions cumulatives : si la capacité du véhicule est de plus de 5 travailleurs et que les travailleurs sont à plus de 30 minutes d’un service médical, la trousse doit avoir le contenu complet de l’article 4. Sinon, c’est le contenu prévu pour les trousses de type 1 de la norme.

Ce que presque personne affiche

Trois obligations d’affichage et de communication, rarement remplies en entier.

  • Localiser les trousses. Un affichage adéquat doit permettre de repérer facilement et rapidement les trousses, le système de communication et tout autre équipement de premiers secours.
  • Nommer les secouristes. Le lieu de travail, la fonction, le nom et le prénom du ou des secouristes doivent figurer sur une affiche placée dans un endroit facilement visible et accessible aux travailleurs. Pas « un secouriste est disponible » : leurs noms.
  • Les identifier sur un chantier. Là, les secouristes doivent se signaler par le port d’un casque de sécurité marqué d’une croix.

S’y ajoute un système de communication immédiatement disponible pour joindre les services de premiers soins, avec la façon de les joindre clairement indiquée à proximité.

Le local du secouriste, au-delà de 100 travailleurs

Un établissement ou un chantier de plus de 100 travailleurs doit aménager un local où le secouriste peut dispenser les premiers secours. Il doit être disponible et facile d’accès en tout temps durant les heures de travail, maintenu propre et en bon état, ventilé, éclairé, chauffé adéquatement et pourvu d’eau.

Son équipement est énuméré : une civière — ou, depuis 2026, un équipement permettant à un travailleur de s’allonger confortablement et dont la surface peut facilement être désinfectée —, une table et deux chaises, du savon et des brosses à ongles, des essuie-mains en papier, et au minimum le contenu d’une trousse de l’article 4. Le local a donc sa propre trousse, en plus de celles réparties dans les lieux de travail.

Propre, complète, en bon état

C’est la seule obligation d’entretien que le règlement formule, et elle est brève : l’employeur — ou le maître d’œuvre sur un chantier — doit s’assurer que toute trousse soit maintenue propre, complète et en bon état.

« Complète » est le mot qui coûte cher. Une trousse conforme le jour de l’achat cesse de l’être au premier pansement pris sans être remplacé. Aucune fréquence de vérification n’est imposée : la routine relève de vous, et c’est elle qu’on vous demandera de décrire.

Le registre

Chaque intervention laisse une trace, et le règlement en fixe le contenu. Le secouriste qui dispense les premiers secours doit remplir un rapport indiquant son propre nom ainsi que celui du travailleur blessé, la date, l’heure, la description de la blessure ou du malaise, et la nature des premiers secours dispensés.

Ce rapport est remis à l’employeur ou au maître d’œuvre, qui le conserve dans un registre tenu à cette fin. Toute information concernant un travailleur doit lui être accessible.

Qui paie

Le règlement le dit sans détour : l’employeur dans un établissement, ou le maître d’œuvre sur un chantier, assume les coûts liés à l’instauration et au maintien des services de premiers secours.

Et en service de garde ?

Le contraste vaut le détour, parce qu’il explique pourquoi une trousse achetée pour un milieu ne convient pas à l’autre. Le règlement des services de garde, lui, énumère dix-sept éléments avec leurs formats, et impose que la trousse soit à la fois hors de portée des enfants et non verrouillée. Une trousse vendue « conforme CSA Z1220 » n’est pas, pour cette seule raison, conforme à cette annexe-là — et l’inverse est vrai aussi.

Un CPE est pourtant à la fois un service de garde et un lieu de travail. Cette page ne tranchera pas l’articulation des deux régimes : c’est une question à poser à la CNESST et à votre bureau coordonnateur. Le détail du régime des services de garde est traité à part.

Avant de vous fier à cette page

Ce qui précède reprend le texte du règlement, à jour en septembre 2026. Le contenu des trousses, lui, ne s’y trouve pas : il est dans la norme CSA Z1220, qu’il faut consulter dans son édition en vigueur. C’est le texte réglementaire et la norme qui font foi.

Voir les formations de secourisme en milieu de travail, combien de secouristes votre établissement doit compter, ou les prix pratiqués au Québec.

Source : Règlement sur les normes minimales de premiers secours et de premiers soins (RLRQ A-3.001, r. 10), articles 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 18.

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