Combien de secouristes exige la CNESST ?
Un secouriste jusqu’à 50 travailleurs présents en même temps, puis un de plus par centaine entamée. La règle de calcul, ce qui compte comme « présent », et ce qui a changé le 12 février 2026.
La question revient dès qu’un employeur ouvre le règlement : combien de secouristes faut-il, exactement ? La réponse tient en une règle de calcul courte. Toute la difficulté est de compter la bonne chose.
Qui est visé
Le Règlement sur les normes minimales de premiers secours et de premiers soins (RNMPSPS) s’applique à tout établissement, ainsi qu’à tout chantier de construction occupant simultanément au moins 10 travailleurs à un moment donné des travaux. Les établissements du réseau de la santé et des services sociaux qui disposent déjà de personnel médical ou infirmier qualifié en sont exclus.
Autrement dit : si vous exploitez un établissement, vous êtes visé, quelle que soit sa taille. C’est le nombre de secouristes qui varie, pas l’obligation d’en avoir.
La règle de calcul, en établissement
L’employeur doit assurer la présence, en tout temps durant les heures de travail, d’au moins un secouriste lorsque 50 travailleurs ou moins sont présents simultanément — puis d’un secouriste supplémentaire par centaine ou fraction de centaine additionnelle de travailleurs.
| Travailleurs présents simultanément | Secouristes requis |
|---|---|
| 1 à 50 | 1 |
| 51 à 150 | 2 |
| 151 à 250 | 3 |
| 251 à 350 | 4 |
Et ainsi de suite : une centaine entamée compte pour une centaine.
« Présents simultanément », pas « à l’emploi »
C’est ici que la plupart des calculs dérapent. Le règlement ne compte pas votre effectif : il compte les personnes présentes en même temps, et il exige une couverture en tout temps durant les heures de travail.
Une entreprise de 30 personnes réparties sur deux quarts n’a pas besoin de deux secouristes parce qu’elle compte 30 employés. Elle doit avoir un secouriste présent pendant chaque quart, à toute heure travaillée. Trois secouristes formés dont les horaires tombent tous le même jour ne couvrent rien du reste de la semaine.
Deux conséquences pratiques :
- raisonner par moment de la journée, pas par organigramme ;
- prévoir une marge au-dessus du minimum — vacances, maladie, départs. La couverture doit tenir en tout temps, pas en moyenne.
Qui compte, et qui ne compte pas
Depuis le 12 février 2026, deux précisions modifient le décompte :
- Moins de 30 minutes sur place : les travailleurs présents pour une durée de moins de 30 minutes sont exclus du calcul.
- Télétravail : seules les personnes physiquement présentes dans l’établissement entrent dans le calcul.
Une troisième précision joue en votre faveur : une infirmière ou un infirmier, ou une infirmière ou un infirmier auxiliaire, que l’employeur désigne pour exercer la fonction de secouriste, compte comme secouriste — sans certificat de secourisme supplémentaire.
Sur un chantier de construction
L’obligation incombe au maître d’œuvre, et elle se déclenche à partir de 10 travailleurs présents simultanément : au moins un secouriste de 10 à 50 travailleurs, puis un de plus par centaine ou fraction de centaine additionnelle. Les trousses doivent être accessibles en 5 minutes environ pour tous les travailleurs.
En travaux d’aménagement forestier
Le règlement y prévoit depuis 2026 un barème distinct, nettement plus serré — l’éloignement des secours le justifie.
| Travailleurs présents simultanément | Secouristes requis |
|---|---|
| 5 ou moins | 1 |
| 6 à 10 | 2 |
| Plus de 10 | 2, plus 1 par tranche additionnelle de 5 travailleurs |
Quelle formation, et pour combien de temps
Le certificat de secourisme est délivré par un organisme reconnu par la Commission, au terme d’une formation permettant d’acquérir les compétences du niveau intermédiaire de la norme CSA Z1210. Cette formation doit comprendre une démonstration pratique des habiletés, d’une durée au moins équivalente à celle que prévoit la norme pour ce niveau.
En pratique, ce niveau correspond aux formations de secourisme en milieu de travail d’environ 16 heures. Plusieurs organismes en offrent une version mixte : une partie théorique en ligne, puis une séance en salle plus courte. La démonstration pratique, elle, ne se contourne pas.
Le certificat est valide au maximum 3 ans à compter de sa délivrance. Il est délivré au nom de la personne : il part avec l’employé qui quitte l’entreprise.
Ce que l’employeur assume
Les coûts liés à l’instauration et au maintien du service de premiers secours sont à la charge de l’employeur — ou du maître d’œuvre sur un chantier. S’y ajoute une obligation souvent oubliée : chaque intervention fait l’objet d’un rapport indiquant le nom du travailleur blessé, la date, l’heure, la description de la blessure et les premiers secours donnés. Ce rapport est conservé dans un registre, et le travailleur concerné doit pouvoir y accéder.
Un exemple concret
Une entreprise de 23 personnes, réparties sur deux quarts de 12 et 11 personnes, dont 3 en télétravail. Le calcul ne porte ni sur 23 ni sur 26 : il porte sur les personnes physiquement présentes en même temps, soit 12 au maximum. On reste sous 50, donc un secouriste présent par quart.
Il faut donc au minimum deux personnes formées — une par quart —, et en pratique une ou deux de plus pour que les vacances et les absences ne fassent pas tomber la couverture.
Avant de former qui que ce soit
Ce qui précède reprend le texte du règlement, à jour en septembre 2026. Votre situation peut comporter des particularités que cet article ne couvre pas : catégorie d’établissement, obligation de local d’infirmerie, véhicules de transport des travailleurs. C’est le texte réglementaire qui fait foi — en cas de doute, validez auprès de la CNESST avant d’engager des formations.
Voir les formations de secourisme en milieu de travail et leurs dates, ou consulter les prix pratiqués au Québec.
Source : Règlement sur les normes minimales de premiers secours et de premiers soins (RLRQ, chapitre A-3.001, r. 10), articles 2, 2.1, 3, 6.1, 7, 15 et 18.
Prêt à réserver votre formation ?
Toutes les formations