Trousse de premiers soins en garderie : le contenu exigé

Le règlement ne demande pas « une trousse » : il en fixe le contenu, dix-sept éléments, et pose quatre conditions autour d’elle. C’est sur ces conditions que se joue la conformité — et l’auto-injecteur d’épinéphrine, lui, n’est pas dans la trousse.

« Une trousse de premiers soins » : la formule paraît anodine. En service de garde, elle ne l’est pas. Le règlement ne demande pas une trousse — il en fixe le contenu, élément par élément, et pose quatre conditions autour d’elle. C’est sur ces conditions que se joue la conformité, bien plus que sur le contenu, qui, lui, s’achète.

Qui doit en avoir une

En installation, le titulaire de permis doit équiper les locaux de chaque installation qu’il exploite. En milieu familial, la responsable doit en pourvoir la résidence où elle fournit les services de garde. Dans les deux cas, la trousse doit être conforme à l’annexe I du règlement.

Le service de garde en milieu scolaire relève d’un autre règlement, et la différence est frappante : celui-ci demande seulement que le personnel dispose d’une trousse gardée hors de la portée des élèves, sans en fixer le contenu. Même mot, deux régimes.

Le contenu exigé

L’annexe I énumère dix-sept éléments, formats compris. Ce n’est pas une suggestion d’achat.

  • Un manuel de secourisme général
  • Au moins 1 paire de ciseaux à bandage
  • Au moins 1 pince à échardes
  • Plusieurs paires de gants jetables
  • Un dispositif de protection jetable servant à la réanimation cardiorespiratoire
  • Des pansements adhésifs stériles de différents formats, enveloppés séparément
  • Des compresses de gaze stériles (102 mm × 102 mm)
  • Des pansements compressifs stériles enveloppés séparément
  • Un rouleau de diachylon hypoallergène (25 mm × 9 m)
  • Des rouleaux de bandage de gaze stérile (50 mm × 9 m et 102 mm × 9 m)
  • Des pansements pour les yeux
  • Des tampons antiseptiques pour désinfecter les mains, enveloppés séparément
  • Des tampons alcoolisés pour désinfecter les instruments
  • Au moins 1 thermomètre électronique avec embouts jetables, pour la température axillaire
  • Des bandages triangulaires
  • Des épingles de sécurité
  • Des sacs de plastique qui ferment, pour recueillir les objets contaminés

Deux détails passent souvent inaperçus. Le manuel demandé est un manuel de secourisme général, alors que la formation du personnel, elle, doit être adaptée à la petite enfance. Et le thermomètre doit être électronique, à embouts jetables, et prévu pour la température axillaire — pas n’importe quel thermomètre fera l’affaire lors d’une inspection.

Les quatre conditions qui font la conformité

Le contenu est la partie facile. Ce sont les conditions autour qui distinguent une trousse conforme d’une trousse simplement bien garnie.

  • Non verrouillée.
  • Gardée hors de portée des enfants.
  • Accessible en tout temps aux membres du personnel — en milieu familial, à la responsable, à sa remplaçante et, s’il y a lieu, à son assistante.
  • Adaptée, quant aux quantités, au nombre d’enfants reçus.

Les deux premières se lisent mal ensemble, et c’est là que l’erreur se glisse : pour tenir la trousse hors de portée des enfants, on la range dans une armoire… qu’on verrouille. Le règlement l’interdit explicitement. La solution qu’il vise tient à la hauteur, pas à la serrure : une tablette élevée, jamais un cadenas. Une trousse verrouillée est une trousse qu’on n’ouvre pas à temps.

La quatrième n’est pas chiffrée. Le règlement dit « adaptée au nombre d’enfants reçus » et s’arrête là. C’est donc à vous d’être en mesure d’expliquer votre choix : un service de six enfants et une installation de soixante ne s’équipent pas de la même façon.

L’auto-injecteur d’épinéphrine n’est pas dans la trousse

C’est le point le plus important de cette page, et le plus contre-intuitif.

L’auto-injecteur ne figure pas à l’annexe I : c’est un médicament, et il obéit aux règles des médicaments. Or ces règles veulent que les médicaments soient rangés hors de portée des enfants, à l’écart des aliments, des produits toxiques et des produits d’entretien — et, en installation, sous clé.

L’auto-injecteur d’épinéphrine fait exception, et le règlement le dit noir sur blanc : il ne doit pas être entreposé sous clé et doit être accessible aux membres du personnel — ou, en milieu familial, à la responsable, à sa remplaçante et à son assistante. Autrement dit : tout le reste sous clé, celui-là jamais.

Deux conditions l’accompagnent. Son administration suppose une autorisation écrite du parent, et le médicament doit être visé par un protocole établi en vertu de la Loi — c’est ce mécanisme qui permet de l’administrer sans l’autorisation d’un professionnel de la santé. En installation, le titulaire de permis doit en outre désigner par écrit la ou les personnes habilitées à administrer les médicaments.

Ce que la trousse ne contient pas

Aucun médicament ne figure à l’annexe I, et ce n’est pas un oubli. Un médicament ne peut être conservé ni administré que s’il est fourni par le parent, dans son contenant d’origine étiqueté au nom de l’enfant, et autorisé par écrit par le parent et par un professionnel de la santé habilité à le prescrire — l’étiquette du pharmacien fait foi de cette dernière autorisation. Un médicament expiré ne peut pas être conservé : il est remis au parent.

Le règlement prévoit une courte liste de produits administrables sans l’autorisation d’un professionnel : solutions nasales salines, solutions orales d’hydratation, crème pour érythème fessier, gel lubrifiant à usage unique pour la prise de température, crème hydratante, baume à lèvres, lotion calamine et crème solaire.

Et la trousse du milieu de travail ?

Une installation est aussi un lieu où des gens travaillent, et le secourisme en milieu de travail relève d’un tout autre régime : celui de la CNESST, avec des trousses conformes à la norme CSA Z1220. Les deux listes n’ont ni le même contenu ni la même logique.

Cette page ne tranchera pas la manière dont les deux régimes s’articulent pour un CPE ou une garderie — c’est une question à poser à la CNESST et à votre bureau coordonnateur. Une chose est sûre : une trousse vendue « conforme CSA Z1220 » n’est pas, pour cette seule raison, conforme à l’annexe I. Ce que le régime du milieu de travail exige, de son côté.

L’entretenir

Le règlement fixe le contenu ; il ne décrit pas de routine de vérification. Celle-ci relève donc de vous, et trois habitudes suffisent : remplacer le jour même ce qui a servi, inscrire une date de vérification sur la trousse elle-même, et surveiller les péremptions — les tampons antiseptiques et le dispositif de protection pour la réanimation en ont une.

Le règlement demande par ailleurs un téléphone fonctionnel et accessible, et l’affichage bien en vue d’une liste de numéros d’urgence, dont celui du Centre antipoison du Québec. Une trousse complète à côté d’un téléphone injoignable ne sert pas à grand-chose.

Avant de vous fier à cette page

Ce qui précède reprend le texte du règlement, à jour en septembre 2026. Votre situation peut comporter des particularités que cette page ne couvre pas. C’est le texte réglementaire qui fait foi, et votre bureau coordonnateur ou le ministère de la Famille qui tranche les cas d’espèce.

Quelle formation le personnel doit détenir, les cours offerts et leurs dates, ou les prix pratiqués au Québec.

Sources : Règlement sur les services de garde éducatifs à l’enfance (RLRQ S-4.1.1, r. 2), articles 34, 91, 101, 117, 118, 120, 121, 121.1, 121.4 et annexe I ; Règlement sur les services de garde en milieu scolaire (RLRQ I-13.3, r. 11), article 13.

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